Selon l’INRS, 70 % des entreprises victimes d’un sinistre incendie majeur disparaissent dans les mois qui suivent. Un chiffre qui suffit à mesurer l’enjeu. Pourtant, beaucoup de dirigeants abordent la sécurité incendie sous le seul angle de la conformité réglementaire, sans en saisir toute la portée opérationnelle. Entre obligations légales, évolutions récentes et bonne organisation interne, voici ce qu’il faut vraiment mettre en place.
ERP, IGH : des obligations précises selon la nature du bâtiment
La réglementation française distingue deux grandes catégories de bâtiments professionnels soumis à des règles renforcées. Les ERP (Établissements Recevant du Public) couvrent un périmètre large : commerces, hôtels, établissements de santé, restaurants, salles de spectacle. Ils sont classés en cinq catégories selon leur capacité d’accueil, et les obligations varient en conséquence. Les IGH (Immeubles de Grande Hauteur), dont le plancher du dernier niveau dépasse 28 mètres, relèvent quant à eux d’un cadre encore plus strict, notamment en raison de la complexité d’évacuation et de la rapidité de propagation des fumées en hauteur.
Dans les deux cas, plusieurs exigences s’imposent : un système de sécurité incendie adapté, des agents SSIAP certifiés, l’entretien régulier des extincteurs, détecteurs et issues de secours, un plan d’évacuation affiché conforme à la norme NF X08-070, et au moins un exercice d’évacuation par an (deux pour les sites à risques), consigné dans le registre de sécurité. Pour les IGH, la présence permanente d’un agent SSIAP 3 est également obligatoire. Pour un accompagnement sur ces sujets, le spécialiste dpsa-securite.fr intervient notamment dans 15 tours parisiennes et propose un diagnostic de prévention des risques adapté à chaque type de site.
À noter : depuis mai 2025, un arrêté modifie les règles sur la réaction au feu des câbles dans les nouvelles installations ERP et IGH. Les câbles en PVC ne sont plus autorisés pour les projets neufs ou les modifications importantes. Un point à intégrer dès la conception de tout chantier en cours.
Le SSIAP : trois niveaux, une expertise indispensable
Le Service de Sécurité Incendie et d’Assistance aux Personnes repose sur trois niveaux de certification reconnus par l’État. L’agent SSIAP 1 assure les rondes, la surveillance des alarmes et l’alerte des secours. Le chef d’équipe SSIAP 2 coordonne les agents et supervise les exercices d’évacuation. Le chef de service SSIAP 3, lui, veille au respect de la réglementation, tient le registre de sécurité et fait le lien avec les autorités compétentes (pompiers, commission de sécurité). Ces certifications, enregistrées par le Ministère de l’Intérieur, sont soumises à renouvellement, avec une échéance fixée au 31 décembre 2026 pour les niveaux 1 et 2.
Le non-respect de ces obligations expose l’établissement à des sanctions lourdes : fermeture administrative, engagement de la responsabilité civile du dirigeant, et poursuites pénales pour mise en danger d’autrui (article 223-1 du Code pénal). Des risques que peu d’entreprises mesurent à leur juste niveau avant qu’un incident ne survienne.
Organisation interne : les bons réflexes à ancrer dans la durée
Au-delà de la conformité, c’est l’organisation au quotidien qui fait la différence. Un plan d’évacuation doit être lisible en moins de 30 secondes : schéma clair, issues bien identifiées, emplacements des extincteurs et points de rassemblement visibles au premier coup d’œil. Les consignes doivent être affichées dans les zones stratégiques, et les exercices doivent être analysés après chaque édition pour corriger les dysfonctionnements identifiés.
La sensibilisation des employés constitue aussi un levier souvent sous-estimé. Former le personnel à l’utilisation des extincteurs et aux procédures d’évacuation réduit significativement le risque humain en cas de sinistre.
Mettre en place une politique sérieuse de sécurité incendie, c’est protéger ses collaborateurs, ses locaux et la pérennité de l’entreprise elle-même.
